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Trois tomes, le dernier achevé d'imprimer en 1951, avec ces pages dentelées qui racontent le passage de-ci delà du coupe-papier...

L'histoire d'une vocation de médecin, avec les élans et les détours qui ponctuent le parcours de l'étudiant, Jean Nérac, dans les années trente. Terriblement humain, ce roman où s'entremêlent idéaux et cynisme parfois, est une plongée dans un univers médical qui pour dater de moins d'un siècle n'en paraît pas moins remonter aux calendes. C'est souvent émouvant, délicieusement désuet, instructif. On y prend la mesure du chemin parcouru, par la médecine bien sûr mais aussi par les hommes.

"Quand je relevai la tête, l'homme était nu; il se tenait pudiquement derrière le fauteuil. Je vins vers lui et je dis en voyant ses pieds:

- Enlevez aussi vos chaussetttes!

L'homme me regarda, étonné.

- Mais... je les ai quittées! répondit-il.

Je me penchai. Dans l'ombre du fauteuil, les pieds offraient jusqu'aux chevilles une coloration uniforme et noire qui m'avait trompé."

On sourit par moments, à d'autres on s'horrifie, comme lors de cet accouchement où le bébé mort-né se retrouve découpé aux ciseaux à l'intérieur de la mère pour pouvoir être extirpé.

Mais surtout, ce livre traversé de forces et de faiblesses est une ode efficace à l'amour objectif de son prochain. Je l'avais lu il y a longtemps, je l'ai relu avec plaisir et un nouveau regard.

Les hommes en blanc, André Soubiran
Tag(s) : #lectures

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